Louise Mushikiwabo, une Rwandaise bilingue favorite pour prendre la tête de la francophonie

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Louise Mushikiwabo, Ministre des affaires étrangères du Rwanda depuis dix ans, deviendra sans doute secrétaire générale de la francophonie.
Pendant longtemps, on ne la connaissait que comme « la petite sœur ». Celle qui avait échappé à la mort…

Élégante, la tête haute, le verbe clair, Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda depuis dix ans deviendra sans doute secrétaire générale de la francophonie. Au Rwanda, elle porte un nom prestigieux et a la légitimité d’une survivante.

Son frère, Landoald Ndasingwa, un homme imposant, au large sourire, avait rencontré, à l’occasion de ses études au Canada, Hélène Pinsky, une femme de tête qui était bien décidée de faire sa vie à ses côtés au pays des Mille collines. Doué pour les affaires, Lando avait investi ses économies dans un petit hôtel familial sur la route de l’aéroport. De quoi faire vivre sa famille, sa femme et ses deux enfants : Patrick et Malaika. Mais ce qui l’intéressait d’abord, c’était la politique : défendre les droits des Tutsis de l’intérieur du Rwanda, de plus en plus discriminés par le régime Habyarimana à mesure que la situation se détériorait. Et surtout lutter en faveur de la démocratie, puis de l’application des accords d’Arusha qui, en août 1993, avaient prévu le partage du pouvoir avec le Front patriotique rwandais. Courageux, idéaliste, Lando était peut-être naïf aussi : son épouse et lui entretenaient d’excellentes relations avec le général Dallaire, Canadien également, qui dirigeait la mission onusienne. Le couple refusait de quitter le Rwanda alors, qu’au début de l’année 1994, les menaces se précisaient. Il était persuadé que la Minuar (Mission des Nations unies au Rwanda) les protégerait. Alors qu’Anne-Marie, la sœur aînée de Lando, s’était lancée dans les affaires et devait devenir plus tard sénatrice, la cadette, Louise, née en 1961, étudiait aux États-unis, où elle allait devenir interprète et se marier avec un Américain. Cet exil lui sauva la vie.

Retour au Rwanda

Car dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, dans les premières heures qui suivirent la chute de l’avion du président Habyarimana, Lando, son épouse et leurs enfants furent parmi les premières cibles des tueurs. Leur mort fut atroce et les pires sévices furent infligés à l’épouse canadienne. Lorsqu’en 2008, elle regagna définitivement le Rwanda, en compagnie de son mari américain, Louise découvrit la profondeur des traumatismes laissés par le génocide, y compris dans sa propre famille. Sa sœur avait relancé l’hôtel familial en souvenir de Lando. Il était devenu l’un des établissements les plus accueillants de la capitale. Louise, elle, se lança dans la politique au sein du FPR et dès 2009, fut nommée ministre de l’Information et porte-parole de Kagame.

Travailleuse infatigable et méthodique, elle se retrouva rapidement dans l’entourage du Président, bénéficiant de toute la confiance du « boss » qui la chargeait des missions les plus difficiles. Parfaite bilingue, habituée à fréquenter les milieux internationaux, Louise se fit connaître tant sur la scène africaine qu’en Europe ou aux États-Unis. Voici quelques années, il se disait même que Kagame la préparait pour assurer sa succession, à la tête du Rwanda.

Une « dure » du régime

Depuis lors, ayant fait adopter une modification de la Constitution, le président pourrait, en principe, rester au pouvoir jusqu’en 2034. Louise a, de son côté, poursuivi sa brillante carrière diplomatique. Témoignant d’une fidélité sans faille à son chef, la ministre, malgré une apparence souriante, est une « dure » du régime : elle n’a fait montre d’aucune compassion pour Victoire Ingabire, l’opposante longtemps emprisonnée et qui vient d’être libérée et n’a jamais dévié d’un iota de la position officielle du FPR et de Kagame.

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