Après avoir soutenu François Hollande, plusieurs parlementaires UMP lui reprochent aujourd’hui d’être parti seul à la bataille.

L’annonce par François Hollande de l’engagement de l’armée française au Mali avait été bien accueillie par toute la droite. Cette solidarité, traditionnelle en temps de guerre, s’était exprimée, le 16 janvier, lors du débat (sans vote) organisé à l’initiative du gouvernement au Parlement.

Mais aujourd’hui, cette entente est écornée : plusieurs voix se sont élevées au sein de l’UMP pour critiquer les conditions de l’intervention, provoquant en retour une dénonciation vigoureuse de la part de la direction du PS.

« un risque d’enlisement »

« Unité mais vigilance », a résumé lundi 21 janvier Jean-François Copé, actuel président de l’UMP, pour expliquer les interrogations de son parti. « Il y a une inquiétude aujourd’hui forte : la solitude de la France dans cette opération, a-t-il poursuivi. Il est vraiment très important maintenant d’œuvrer à ce que ce soit bien la communauté internationale dans son ensemble qui rejoigne la France. »

Laurent Wauquiez, vice-président de l’UMP (filloniste), a déclaré que le chef de l’État n’avait « pas de stratégie claire sur le sens de la présence française au Mali » et pointé « une absence de travail politique en amont sur la construction d’une coalition européenne ». « Avec Nicolas Sarkozy à la manœuvre, nous serions sûrement partis à la bataille avec beaucoup plus de soutiens, soit allemand, soit britannique, soit américain », a jugé aussi une autre filloniste, Valérie Pécresse, secrétaire générale déléguée de l’UMP, qui craint « un risque d’enlisement ».

« Quand mon pays mène bataille, je le soutiens »

Ces arguments sont aussi développés par des députés UMP au sein de la commission de la défense à l’Assemblée nationale. « Il fallait mettre en place une coalition européenne avant d’intervenir au Mali, expliquait l’élu Philippe Vitel à La Croix, avant l’audition mercredi 23 janvier par cette commission de Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense. C’est une belle façon de démontrer aux États-Unis que l’Europe reste impuissante en matière de défense et que l’Otan a encore de beaux jours devant elle. Je ne doute pas de l’efficacité des militaires français, mais le retour à une réelle souveraineté malienne va prendre du temps. »

Les critiques ne font cependant pas l’unanimité au sein de l’UMP. Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, tous deux anciens premiers ministres, ont appelé publiquement leur parti à la modération. « Nous sommes en guerre, je suis derrière les autorités de mon pays », a souligné le premier. « Quand mon pays mène bataille, je le soutiens », a insisté le second.

 

 

ANTOINE FOUCHET